Devenir chauffeur de taxi à Strasbourg, c'est entrer dans une profession réglementée. On ne s'improvise pas taxi : il faut remplir des conditions personnelles, réussir un examen organisé par la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA), obtenir une carte professionnelle délivrée par la préfecture, puis trouver une autorisation de stationnement pour exercer. Ce guide reprend chaque étape dans l'ordre, avec les textes officiels qui la fondent, et ce qui change quand on veut travailler dans le Bas-Rhin.
Le métier de taxi à Strasbourg, en bref
Le taxi se distingue des autres modes de transport de personnes par un droit qui lui est propre : il peut stationner sur la voie publique en attente de clients et être hélé dans la rue, ce qu'on appelle la maraude. Ce droit est attaché à une autorisation de stationnement (ADS), délivrée par une commune. Le chauffeur de VTC, lui, ne peut travailler que sur réservation préalable.
À Strasbourg, l'activité est rythmée par quelques lieux qui reviennent sans cesse : la gare centrale, l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, les sites des Hôpitaux universitaires, les institutions européennes et le centre historique. Les règles locales y sont précises. Par exemple, les taxis des 33 communes de l'Eurométropole forment une zone unique de prise en charge ; l'attente des clients à l'aéroport leur est ouverte, les taxis ruraux n'y ayant accès que selon un calendrier (ADS détenue avant le 1er juillet 2003) ou sur réservation ; et le lumineux de ces taxis a une couleur imposée par arrêté préfectoral. Ces particularités font l'objet d'une épreuve de l'examen, ce qui explique l'intérêt d'une préparation locale.
Trois façons d'exercer existent. Vous pouvez être salarié d'une entreprise de taxi, locataire d'un véhicule et de son autorisation auprès d'un titulaire, ou artisan titulaire de votre propre ADS. Dans les trois cas, le point de départ est le même : l'examen et la carte professionnelle.
Les conditions pour vous inscrire
Avant même de penser à la formation, vérifiez que vous remplissez les conditions d'accès à la profession. Elles sont fixées par le Code des transports et rappelées par Service Public.
- Le permis B hors période probatoire. Service Public indique un permis détenu depuis au moins 3 ans, ou 2 ans après un apprentissage anticipé de la conduite. La CMA demande ce permis parmi les pièces d'inscription à l'examen.
- Un casier judiciaire compatible. Certaines condamnations inscrites au bulletin n° 2 du casier judiciaire interdisent d'exercer : délits routiers graves, conduite sans permis, mais aussi certains délits de vol, d'escroquerie ou de violence.
- Un avis médical favorable. Il est délivré par un médecin agréé par la préfecture, et non par votre médecin traitant. Il est exigé pour la carte professionnelle, pas pour l'inscription à l'examen.
- Une formation aux premiers secours. Service Public exige une formation de prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1) datant de moins de 2 ans, en citant l'article R3121-17 du Code des transports. La préfecture la vérifie lors de la demande de carte professionnelle.
L'examen taxi : deux phases
L'examen est organisé par la CMA dans chaque région, selon un programme fixé au niveau national par l'arrêté du 6 avril 2017. Il comporte deux phases.
L'admissibilité, à l'écrit
La première phase réunit sept épreuves écrites, composées de questions à choix multiples (QCM) et de questions à réponse courte (QRC), passées sur ordinateur. Cinq épreuves sont communes au taxi et au VTC : la réglementation du transport public particulier de personnes, la gestion, la sécurité routière, le français et l'anglais. Deux sont propres au taxi : la connaissance du territoire et la réglementation locale (épreuve F), et la réglementation nationale du taxi (épreuve G).
Chaque épreuve a un coefficient et une note éliminatoire. Le tableau ci-dessous est tiré directement du barème officiel.
| Épreuve | Durée | Coef. | Éliminatoire |
|---|---|---|---|
| ARéglementation du transport public particulier de personnes | 45 min | 3 | sous 6/20 |
| BGestion | 45 min | 2 | sous 6/20 |
| CSécurité routière | 30 min | 3 | sous 6/20 |
| DCapacité d'expression et de compréhension en langue française | 30 min | 2 | sous 6/20 |
| ECapacité d'expression et de compréhension en langue anglaise | 30 min | 1 | sous 4/20 |
| FConnaissance du territoire et réglementation locale | 20 min | 3 | sous 6/20 |
| GRéglementation nationale de l'activité de taxi | 30 min | 3 | sous 6/20 |
Faites défiler le tableau de côté pour voir toutes les colonnes.
Une seule note éliminatoire suffit pour être refusé, même avec une très bonne moyenne. C'est pourquoi on ne peut pas faire l'impasse sur l'anglais ou le français, deux épreuves que beaucoup de candidats sous-estiment.
L'admission, en pratique
Une fois admissible, vous passez une épreuve pratique, au volant, qui évalue votre conduite et votre relation avec le client. Le détail du déroulé et la règle de notation sont expliqués dans notre guide de l'examen taxi. En cas d'échec à cette épreuve, la CMA permet de la repasser dans l'année qui suit l'admissibilité.
L'épreuve locale : ce qui change dans le Bas-Rhin
L'épreuve F porte sur le département dans lequel vous voulez exercer. Au moment de l'inscription sur la plateforme exament3p.fr, vous choisissez votre département d'exercice : pour travailler à Strasbourg, c'est le Bas-Rhin.
Cette épreuve mélange deux types de connaissances. D'une part, le territoire : les communes de l'Eurométropole, les arrondissements, les grands axes, les hôpitaux, la gare, l'aéroport, les institutions européennes et les sites touristiques. D'autre part, la réglementation locale : les arrêtés préfectoraux sur les équipements des taxis, le stationnement à l'aéroport, les tarifs fixés chaque année par la préfecture.
C'est l'épreuve où une préparation sur place fait le plus la différence, car les supports nationaux ne la couvrent pas. Nous lui consacrons un guide entier : réussir l'épreuve de réglementation locale du Bas-Rhin.
S'inscrire à l'examen auprès de la CMA
L'inscription se fait en ligne sur exament3p.fr. Vous créez votre compte, choisissez le métier, votre département d'exercice, le type d'examen et une session. Vous déposez ensuite vos pièces justificatives et réglez les frais d'examen à la CMA, pas au centre de formation.
Le guide de la CMA Grand Est précise un point utile : si vous gardez la première session proposée, vous bénéficiez d'une garantie de délai réglementaire de 4 mois pour l'ensemble de la procédure ; si vous choisissez une date plus lointaine, vous perdez cette garantie. Organisez donc votre formation en fonction de la session visée.
Les frais de l'examen, la liste des pièces et les pièges à éviter sont détaillés dans notre guide s'inscrire à l'examen taxi ou VTC.
Faut-il suivre une formation ?
La formation n'est pas obligatoire pour se présenter à l'examen : Service Public la décrit comme fortement recommandée. Dans les faits, l'examen couvre sept matières très différentes, de la comptabilité à l'anglais, avec des notes éliminatoires partout. Se préparer seul est possible, mais rarement efficace.
Une bonne formation doit vous apporter trois choses :
- Le programme complet des sept épreuves, à jour des textes en vigueur.
- Une préparation locale pour l'épreuve F, avec les textes de la préfecture du Bas-Rhin et la géographie de Strasbourg et de son département.
- De l'entraînement au format réel : des questions chronométrées, sur ordinateur, avec correction détaillée.
Chez BIG FORMA, la formation taxi se déroule en salle, dans notre centre de Strasbourg, agréé par la préfecture du Bas-Rhin. Vous pouvez dès aujourd'hui tester votre niveau avec notre examen blanc taxi gratuit, en ligne. Si vous êtes déjà chauffeur de VTC, la passerelle VTC vers taxi vous évite de repasser les épreuves communes.
Côté financement, plusieurs pistes existent selon votre situation : CPF, OPCO, France Travail ou financement personnel. Notre guide financer sa formation taxi ou VTC avec le CPF fait le point.
Après l'examen : carte professionnelle et formation continue
Une fois admis, vous recevez une attestation de réussite. Vous demandez alors votre carte professionnelle à la préfecture, en ligne. Service Public liste les pièces à fournir : pièce d'identité, permis de conduire, attestation de réussite, avis médical et photos.
La carte est valable 5 ans. Pour la renouveler, vous devez avoir suivi une formation continue de 14 heures dans un centre agréé, en présentiel. Les étapes sont détaillées dans notre guide carte professionnelle taxi et VTC : la demande pas à pas et dans celui consacré à la formation continue.
Trouver une autorisation de stationnement
La carte professionnelle vous autorise à conduire un taxi ; elle ne vous donne pas de taxi. Pour exercer, il faut une autorisation de stationnement : la vôtre, celle de votre employeur, ou celle d'un titulaire qui vous loue son véhicule.
Depuis la loi du 1er octobre 2014, les nouvelles ADS sont délivrées gratuitement par les communes, sur liste d'attente, et ne peuvent pas être revendues. Les ADS plus anciennes peuvent encore être cédées sous conditions. Beaucoup de nouveaux chauffeurs commencent donc comme salariés ou locataires, le temps d'acquérir de l'expérience. Notre guide combien coûte une licence de taxi à Strasbourg explique le système en détail.
Récapitulatif des étapes
- Vérifier les conditions : permis hors période probatoire, casier judiciaire, aptitude médicale.
- Choisir sa préparation et viser une session d'examen.
- S'inscrire sur exament3p.fr en choisissant le Bas-Rhin comme département d'exercice.
- Réussir les sept épreuves écrites, puis l'épreuve pratique.
- Passer la visite médicale chez un médecin agréé et demander la carte professionnelle.
- Trouver une ADS : comme salarié, locataire ou titulaire.
- Suivre la formation continue tous les 5 ans pour renouveler la carte.
Chaque étape a ses pièges, mais aucune n'est insurmontable quand on s'y prend dans l'ordre. Si vous avez un doute sur votre situation, le plus simple est d'en parler avec un formateur avant de vous lancer.